Le Souffle & le Chiffre

Construire son patrimoine. Préserver sa paix.

Je ne cherche pas à expliquer comment vivre. Je partage comment j'essaie de vivre.

Un carnet personnel autour de l'investissement, du patrimoine, de la discipline, du sport, du bien-être, de la méditation et de la liberté.

Ici, je partage mes expériences, mes réussites, mes erreurs et ce que j'en apprends.

Les six piliers du Souffle & du Chiffre

💰 Investissement

Épargne, patrimoine et rapport à l'argent.

📈 Marchés

Expérimentation, analyse, gestion du risque et retour d'expérience.

🧠 Discipline

Habitudes, patience, émotions et constance.

🏃 Corps

Sport, énergie et hygiène de vie.

🧘 Respiration

Méditation, calme et recul.

🕊️ Liberté

Temps, autonomie et possibilité de choisir sa vie.

Pourquoi connaître la bonne décision ne suffit pas pour la prendre

Une victoire à 11 % m'a donné confiance. Ma compagne m'a dit de vendre. Je ne l'ai pas écoutée. Aujourd'hui, ma position affiche -48 %.

Il y a une différence entre savoir ce qu'il faudrait faire et être capable de le faire lorsque son propre argent est réellement engagé.

Je l'ai compris progressivement.

Au début, je pensais que mes principales difficultés viendraient du choix des bonnes actions ou du bon moment pour acheter. Avec le temps, j'ai découvert quelque chose de beaucoup plus difficile à maîtriser :

moi-même.

Medincell : la première fissure

Au début de mon swing trading, j'avais une règle simple : un stop-loss autour de -5 %. Si le marché me donnait tort, je sortais.

La première action sur laquelle j'ai vraiment testé cette règle était Medincell, achetée autour de 7,50 €.

Le lendemain, mon stop-loss s'est déclenché.

J'ai vendu.

Puis j'ai observé l'action continuer de progresser.

Je l'ai rachetée — sans stop-loss, cette fois — et je l'ai revendue avec environ 11 % de gain.

Cette opération m'a conforté.

Mais elle m'a surtout appris la mauvaise leçon.

Une idée s'est installée dans ma tête :

« Une action peut baisser fortement et finir par remonter. »

Vrai en soi.

Sauf que je l'ai progressivement transformée en :

« Si je ne vends pas, elle finira probablement par remonter. »

C'est cette bascule, discrète, qui change tout.

Bigben : quand attendre semble plus facile que décider

Plus tard, j'ai retrouvé le même mécanisme avec Bigben Interactive.

Mon prix de revient était de 3,14 €.

En juin 2024, l'action est montée autour de 3,40 € environ +8 %.

J'aurais pu vendre avec un gain.

Je ne l'ai pas fait.

Vendre signifiait renoncer à une hausse supplémentaire que j'imaginais encore possible.

C'est une chose étrange avec l'investissement :

une décision peut être aussi difficile à prendre quand elle est favorable que quand elle est défavorable.

En perte, on espère un retour.

En gain, on espère une suite.

Dans les deux cas, le cerveau trouve une raison de ne pas agir.

Ekinops : le jour où j'aurais dû écouter

Mon prix de revient sur Ekinops est de 4,62 €.

En juillet 2025, l'action est montée autour de 4,94 €.

J'étais en vacances.

Ma compagne m'a dit :

« Vends. »

Je pensais que le mouvement haussier allait continuer et que le breakout vers le haut se confirmait.

Je n'ai pas vendu.

Le lendemain, l'action a ouvert à 4,31 € et clôturé à 4,215 €.

Aujourd'hui, ma position affiche environ -48 % de moins-value latente, parce que je n'ai toujours pas vendu.

Le plus intéressant n'est pas de comprendre pourquoi l'action a baissé.

C'est de comprendre pourquoi je n'ai pas vendu alors que j'en avais l'occasion et pourquoi je n'ai pas écouté le conseil que ma compagne venait de me donner.

Pourquoi n'ai-je pas vendu ?

Avec le recul, plusieurs raisons se sont superposées.

La confiance.

J'avais déjà eu raison sur certaines positions, ce qui m'a fait surestimer la qualité de mon analyse.

L'espoir.

Une fois le cours en baisse, la pensée « ça va bien finir par remonter » est facile.

Mais le marché ne nous doit rien : une action n'a aucune obligation de revenir à notre prix de revient.

L'attachement au prix de revient.

Mon PRU de 4,62 € était devenu une référence mentale comme si le marché avait une raison d'y revenir simplement parce que c'était mon prix d'achat.

La peur de reconnaître son erreur.

Vendre, c'est parfois accepter :

« Je me suis trompé. »

Tant qu'on n'a pas vendu, le scénario reste théoriquement possible.

La vente transforme l'erreur potentielle en résultat réel et ce passage-là peut être difficile.

L'excès de confiance ne ressemble pas toujours à de l'arrogance

Je l'imaginais comme quelqu'un qui pense :

« Je suis meilleur que les autres. »

Je crois aujourd'hui qu'il est souvent plus discret :

« Cette fois, je pense que ça va repartir. »

« Je vais attendre encore un peu. »

« Je ne vais quand même pas vendre maintenant. »

« Elle est déjà tellement descendue qu'elle va bien finir par remonter. »

Et petit à petit, on ne prend plus une décision à partir de son plan.

On prend une décision pour protéger son scénario.

Ce que ces erreurs m'ont appris

Je pourrais me contenter de dire :

« J'ai mal choisi mes actions. »

Ce serait trop simple.

J'avais surtout travaillé sur la recherche d'opportunités, le bon point d'entrée, le bon scénario sans assez me demander :

Que ferai-je si j'ai tort ?

À quel moment mon scénario est-il invalidé ?

Suis-je réellement capable de vendre quand cela devient inconfortable ?

Ces questions sont moins excitantes que la recherche de la prochaine opportunité.

Elles sont probablement plus importantes.

Le mental avant la performance en Bourse

Je pensais autrefois que progresser en Bourse passait surtout par une meilleure analyse.

Je pense aujourd'hui que cela passe aussi par une meilleure connaissance de soi et une meilleure maîtrise de son mental.

Aujourd'hui, avant et pendant une position, je me pose davantage de questions :

Pourquoi suis-je entré ?

Qu'est-ce qui invaliderait mon scénario ?

Est-ce que je conserve cette position parce que les faits le justifient, ou simplement parce que j'espère retrouver mon prix de revient ?

Et surtout :

Si je n'avais pas cette position aujourd'hui, est-ce que je l'achèterais maintenant ?

Cette question m'aide à prendre du recul.

Une position détenue depuis longtemps devient facilement différente, émotionnellement, d'une nouvelle opportunité.

La leçon du Souffle

Une bonne analyse ne garantit pas une bonne décision.

Une bonne décision ne garantit pas un bon résultat.

Et une mauvaise décision ne signifie pas forcément qu'une analyse était mauvaise.

Entre les deux, il y a quelque chose que l'on oublie facilement :

notre comportement.

Ma compagne m'avait dit de vendre.

Je ne l'ai pas écoutée.

Aujourd'hui, ma position affiche environ -48 %.

Je ne sais pas encore quelle sera l'issue.

Mais je sais déjà ce qu'elle m'a appris :

le plus difficile en Bourse n'est pas toujours de savoir quoi faire.

C'est parfois d'avoir le courage de faire ce que l'on sait être juste.

Leçon à retenir

Connaître la bonne décision ne suffit pas toujours pour la prendre.

Entre ce que nous savons et ce que nous faisons, il y a notre mental.

Et c'est parfois là que se joue la véritable décision.


Ce carnet relate une expérience personnelle et a une vocation éducative. Il ne constitue ni une recommandation d'achat ou de vente, ni un conseil en investissement personnalisé. Les marchés financiers comportent des risques de perte en capital.

LE SOUFFLE & LE CHIFFRE

Un carnet personnel autour du patrimoine, de la discipline, du corps, du bien-être et de la liberté.

Construire son patrimoine. Préserver sa paix.

LE PROCHAIN CARNET

Des expériences réelles, des réflexions et des apprentissages autour du patrimoine, de la discipline et de la liberté.

© Le Souffle & le Chiffre